Publié par : xrevil | mercredi 25 mars 2009

Interview de Yves CLOUET, Entraineur Catamaran au CLE

Yves, tu vas faire travailler les empannages à tes coureurs, comment vas tu t’y prendre?

Pour moi, il est primordial d’utiliser la vidéo lors de ce type de travail. Ce n’est pas toujours évident, on est seul à bord du bateau moteur, et il faut conduire tout en filmant les coureurs. Ca demande pas mal de pratique afin de réussir à se décentrer de la caméra, pour se focaliser sur la conduite du bateau. Il faut bien faire attention à ne pas être dangeureux pour les coureurs. Avec la pratique, on tient la caméra sans avoir besoin de voir sur l’écran ce qu’on filme.

Ensuite, l’enregistrement permet de faire un bon retour aux coureurs sur le déroulement de leur manoeuvre et de faire des arrêts sur image pour les sensibiliser sur un point qui me parait important. D’autre part on peut repasser plusieures fois les mêmes images pour les étudier.

Et comment tes coureurs apprécient ils la vidéo et les retours que tu fais avec?

Globalement ils aiment bien visionner les images lors des débriefings. Comme je le disais ça leur permet de voir ce qui se déroule bien mais aussi les points qui coincent. En plus, étant acteurs, il y a des choses qu’ils ne se voient pas faire, et là, à la vidéo ils sont devant le fait accompli. Par contre il faut faire attention de ne pas rendre les débriefings trop longs. Le danger c’est de se laisser prendre par le temps, on peut passer des heures à visionner des vidéos et perdre ainsi l’attention des coureurs. Il faut se contenter d’insisiter sur les points essentiels, en ayant préparer son débriefing.

Et toi, pour travailler les empannages, as tu un exercice de prédilection?

Avec mes coureurs, qui ont un bon niveau de pratique en compétition, j’aime mettre en place la situation suivante : sur un parcours banane, le premier bateau à la bouée au vent fait jibe set (empannage en enroulant la marque), le second va tout droit, le 3ème fait jibe set, le 4ème va tout droit et ainsi de suite. Ensuite ils doivent tous réempanner assez rapidement, du coup ils vont se recroiser plus serrés et les règles de priorité, mais aussi choix tactiques de placement vont les obliger à réempanner de nouveau. Ce type d’exercice, permet de travailler l’empannage en introduisant les paramètres que l’on rencontre en régate, c’est dynamique et il y a un bon engagement des coureurs.

De l’extérieur, comment juges tu les empannages?

En fait, déjà je regarde la distance gagnée ou perdue par les coureurs les uns par rapport aux autres. Ca me permet d’avoir une idée sur la rapidité de rotation des uns et des autres, et aussi sur la qualité de leur relance. J’essaie aussi de m’imprégner de la vitesse d’un bateau avant la manoeuvre afin de savoir si il retrouve rapidement cette vitesse en sortie d’empannage. Ensuite j’observe le travail de chacun  à bord, la gestion des déplacements, de la barre, du spi, effectue des retours aux coureurs sur leur façon de faire, sur ce qui me paraît ne pas être totalement efficace, sur leur coordination. Quand ça ne se passe pas très bien, on essaie de modifier un peu les différentes actions pour améliorer l’ensemble.

L’empannage coté barreur, préconnise tu un empannage dos au mât ou bien estime tu qu’il faut se forcer à regarder toujours devant?

De mon point de vue il y a deux cas de figure.

  • Chez les débutants, je demande d’apprendre à empanner en restant face à l’avant du bateau pour regarder où on va. En effet l’empannage en aveuglette (dos au mât) peut vite devenir un fiasco avec des débutants en situation de régate sur un parcours, surtout en approche des bouées ils ne regardent plus où ils vont et ça peut se terminer en carambolage. C’est vrai que du coup le contrôle de la barre est moins bon, du coup sur des petits catas, je demande même parfois au barreur de changer de coté avant l’empannage, ainsi il continue de regarder devant lui et il contrôle mieux sa barre aussi.
  • Chez les coureurs confirmés, on passe à l’empannage dos au mât car ils ont une bonne maîtrise de leur trajectoire et savent exactement imaginer à l’avance la route et l’espace que leur bateau va utiliser le temps qu’ils seront en aveuglette. De plus, la maîtrise de la manoeuvre fait que le temps passé sans contrôle visuel est très court, leur aisance par rapport à l’engin leur permet d’être assez mobile du haut du corps et à tourner  la tête d’un coté ou de l’autre pour vérifier le positionnement de leurs étraves dans les situations chaudes. Ce type d’empannage permet un meilleur contrôle de la barre qui n’est lâchée à aucun moment.

Merci Yves

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