Publié par : xrevil | mercredi 13 mai 2009

Que se passe t’il dans l’eau?

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Les catamarans de sport modernes ont des coques aux lignes assez tendues. Avec des étraves plus ou moins volumineuses suivant les fabricants, et des arrières assez ronds sur lesquelles le bateau pourra s’appuyer à haute vitesse. La forme des coques et le fait qu’un catamaran empanne forcément à plat les deux coques dans l’eau, font que l’assiette longitudinale du bateau a une influence importante sur la réalisation de la manoeuvre:

  • trop de poids sur l’avant enfoncera les étraves dans l’eau et du coup elles offriront une résistance importante à la rotation : le bateau aura envie d’aller tout droit guidé par ces étraves enfoncées et il faudra forcer sa rotation en augmentant l’angle mis dans les safrans. Ceux-ci agiront comme des hydrofreins avec leur angulation exagérée et la vitesse du bateau sera moindre. Du coup l’empannage sera très pénalisant pour la vitesse du bateau. Pour théoriser un peu cela, voici la formule de l’effort résultant sur une lame de safran :

F = 1/2*rho*S*v²*Cl

avec F l’effort, rho la densité de l’eau, S la surface, v la vitesse et Cl le coefficient de portance qui dépend de l’angle.

Donc si on fixe F (force nécessaire pour faire pivoter le bateau), on constate que plus la vitesse est faible et plus il faut mettre d’angle dans les barres : avec une vitesse divisée par 2 il faut mutiplié par 4 le coefficient de portance. Et en catamaran, il y a deux safrans avec des barres assymétriques qui font que le safran qui se trouve à l’intérieur du virage tourne plus.

  • Un équipage qui reste trop reculé verra l’arrière de son bateau s’enfoncer au fur et à mesure que la vitesse du bateau décroîtera, du coup la trainée augmentera, le bateau « trainera » de plus en plus d’eau ce qui aura pour effet de le ralentir d’autant.

Il est donc important de trouver les positionnements longitudinaux qui permettent au bateau de rester dans ses lignes. Ce sera essentiellement la position de l’équipier qui jouera ce rôle. Plus le bateau va vite, et plus il se recule, donc dans la phase d’empannage on peut dégrossir ainsi ses déplacements :

  • lors de l’abatté le bateau va perdre de la vitesse donc l’équipier va pouvoir s’avancer dans le bateau afin d’éviter à celui-ci de se « cabrer » en enfonçant ses arrières et du coup à trainer un surplus d’eau qui le ralentira. Il sera toutefois attentif à ne pas trop avancer pour ne pas planter les étraves afin d’éviter qu’elles n’offrent une trop grande résistance à la rotation.

  • Une fois l’empannage réalisé, le bateau va reprendre de la vitesse progressivement. L’équipage, et surtout l’équipier, va pouvoir progressivement se reculer pour transférer son poids sur les parties arrières du bateau qui sont les plus porteuses.

Ce shéma est à nuancer pour le cas des petits airs, conditions dans lesquelles tout l’équipage est assez avancé dans le bateau au portant. Pour l’empannage, le barreur sera obligé de reculer pour aller passer son stick derrière le palan de Grand Voile, il lui faudra donc se réavancer au plus tôt afin de limiter le temps passé avec le « cul » du bateau enfoncé dans l’eau.

Enfin, les catamarans sont encore plus sensibles aux déplacements de l’équipage à leur bord qu’un monocoque. Les coques s’enfoncent et ressortent de l’eau telles un bouchon, alors il faut essayer de se déplacer avec le plus de délicatesse possible à bord. Certes on a un trampoline entre les coques, mais il ne faut pas s’en servir comme tel! Tous ces mouvements d’enfoncement des coques dans l’eau sont des freins importants pour le bateau et perturbent sa glisse, il est donc très important de soigner ses appuis lors de ses déplacements.

Ci-après vous pouvez suivre des empannages commentés au niveau du placement de l’équipage. Merci à Yves CLOUET, entraineur du CLE à Quiberon, pour ces images.

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Responses

  1. […] mettre beaucoup d’angle dans les barres pour tourner. Comme préciser dans l’article sur “que se passe t’il dans l’eau”, la force exercée par les safrans est proportionnelle au carré de la vitesse, donc plus on va […]


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